Le bois, ses cellules et le reste.

les_plus_beaux_arbres_du_monde_hetre_de_ponthus-600x399Devant la majesté de certains arbres, tel que celui-ci, le célèbre hêtre de Ponthus de la forêt de Brocéliande, la curiosité de certains esprits doit s’émoustiller. Est-ce que Panoramix cueillait son gui ici ? Est-il habité par les lutins ou les korrigans ? A -t-il effleuré la chevelure de Morgane ?

Plus sérieusement, cet arbre est magnifique, comment expliquer un tel miracle de la nature ? Plongeons au niveau cellulaire du bois. Je sauterai le processus de photosynthèse (déjà vue en cours de science naturelle, aujourd’hui appellé SVT, au collège, souvenez-vous). Donc, le bois est composé de cellules, renfermant des  substances qui sont différentes selon les espèces d’arbres.

cellules du boisEtonnamment, beaucoup de cellules sont vides, notamment les cellules agées contenues dans les parties vieilles du bois, tout au coeur. Le bois au coeur de l’arbre est le bois parfait, qui est entouré de bois « moins parfait » qu’on appelle l’aubier. L’aubier est gorgé de cellules vivantes remplies de sucs fabriqués par le protoplasme (la matière de la cellule vivante). Les substances servant à fabriquer ces sucs proviennent du carbone, de l’oxygène, de l’hydrogène et de l’azote, ce qu’on trouve dans l’air et la terre où notre arbre a élu domicile. Ces sucs sont consommés par la plante pour grandir, mais peuvent aussi être mis en réserve comme le sucre et l’amidon (un réflexe d’écureuil ? ). Les cellules fabriquent aussi des déchets, notamment le tanin qui apparait lorsque l’aubier se transforme en bois parfait. On compte aussi parmi les déchets : les sels minéraux, les résines, les huiles ou les essences odorantes. Ces déchets confèrent au bois des propriétés. Par exemple, l’amidon augmente la dureté et l’imperméabilité du bois, mais le rend sensible à la vermoulure. Le tanin, qu’on trouve souvent en abondance au coeur du bois rend celui-ci plus résistant à l’altération.

les_plus_beaux_arbres_du_monde_espagne_seville-448x600Les résines produites par le bois permettent la fabrication de produits intéressants comme les oléo-résines ou baumes (du Pérou ou du Canada, ou encore le benjoin). De même, les essences sont souvent odorantes et peuvent produire une odeur agréable, c’est le cas du fameux bois de rose, du bois de violette, ou du santal… Une autre propriété intéressante des cellules du bois est de fabriquer des matières colorantes, qu’on peut extraire et qui étaient utilisées comme teinture auparavant, comme la brésiline tirée des bois rouges du brésil ou la santaline.

La quantité et le type de substances varient selon les espèces, offrant une variété de combinaisons possibles aussi riche que le nombre d’espèces existantes. Le bois est donc un végétal précieux, qui mérite notre respect et qu’il convient d’apprécier à sa juste valeur.

            

 

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ll était une fois … le bananier.

bananierQuelle est l’histoire du bananier ? Tout d’abord, ce n’est pas un arbre, mais plutôt une herbe, de la famille des musaceae, issue d’une région allant de l’Inde, en passant par l’Indonésie et allant jusqu’aux îles mélanésiennes. Le mot banane provient du portugais, qui l’a emprunté au bantou ou à l’arabe, où « banan » signifie doigt. Il y a 7000 ans, les bananes étaient déjà cultivées dans ces régions et elles entraient dans la composition de la cuisine de tous jours. Ses valeurs nutritives et énergétiques l’ont prédisposée à devenir un aliment de base, d’autant plus que leur culture est facile et continue tout au long de l’année sous climat tropical. Ceci a favorisé son expansion jusqu’en Afrique.  La découverte de la banane en Europe date de la conquête de l’Inde par Alexandre le Grand. bananes anciennesEn revenant de campagne, les soldats rapportèrent des plants de bananiers en Perse et en Grèce. Puis, le médecin d’Auguste César ramena également une autre variété de bananier à Rome. Ensuite,  les missionnaires espagnols les amenèrent en Amérique vers 1500. Ainsi le bananier conquit le monde. A cette époque-là, les bananes n’avaient pas les caractéristiques que nous lui connaissons aujourd’hui, elles étaient plutôt vertes ou rouges, n’étaient pas sucrées, contenaient des graines et devaient être cuites avant leur consommation. Elles avaient alors un goût de féculent. La banane que nous trouvons aujourd’hui à travers le monde est une mutation de ces premières variétés, ses graines ont disparues, elle ne nécessite plus de cuisson, et son goût est devenu doux et sucré.  A la fin du XIX siècle, la banane  devient une culture industrielle appartenant à de grands groupes américains.

Il était une fois … le caféier.

Impossible de parler du bois de caféier sans parler du café, cette « boisson noire comme l’encre … ». Voici l’histoire du café, racontée, parait-il, lors de l’une des 1001 nuits.

grains de café rouge

hot  coffee - caffe fumante

Il était une fois, un berger qui faisait brouter ses chèvres dans une région située en Ethiopie. Les chèvres affectionnaient particulièrement les baies rouges d’un petit arbre, et le berger avait remarqué que la consommation de ces baies rendait ses chèvres très nerveuses. Il consulta les moines de la région … et ceux-ci récoltèrent ces petits fruits. Il en firent une boisson. Loin de la saveur d’un Voluto de Nespresso, les moines apprécièrent néanmoins les vertus de ces graines qui leur permettaient de veiller en restant l’esprit alerte. Mohammed lui-même aurait consommé cette boisson pour se revigorer.  Elle finit par être baptisée « kahwa » qui signifie revigorant.

Au XVe siècle, les musulmans introduisent le café en Perse, Égypte, Afrique du Nord et en Turquie, où les intellectuels le consommaient en discutant ensemble.  Le café parvint en Europe vers 1600, grâce aux marchands vénitiens. Mais les musulmans interdirent les exportations de café et le marché connut une pénurie.   caféierAu 17ème siècle, alors que l’Indonésie était encore sous occupation hollandaise, les autorités  cherchèrent à briser le monopole arabe du commerce du café et apportèrent des plants de café arabica en Indonésie. Ces plantations connurent plusieurs épidémies au cours des années suivantes, furent parfois remplacées par d’autres cultures, mais la culture du café perdura. Aujourd’hui, l’Indonésie est toujours un producteur de café.

Un caféier produit pendant 7 ans environ, puis on change les plants. Le bois de caféier est donc une denrée courante en Indonésie. Les branches étant relativement petites et étroites, le bois de caféier ne sert que pour les objets de décoration, car il est impossible d’y découper des planches. Il est donc plutôt utilisé dans un but de recyclage de matière première, pour le plus grand bonheur des amateurs de décoration exotique.KYOTO KOPI

Il était une fois … le bois pétrifié

Le bois pétrifié est un bois qui a été fossilisé en étant transformé en pierre, cela arrive lorsque le bois est immergé dans de l’eau contenant des minéraux. Progressivement les minéraux vont remplir les pores et cavités du bois. Ou alors,  l’eau contenant les  minéraux va dissoudre la matière organique du bois et la remplacer par ses minéraux. Au final, les minéraux vont reproduire une copie parfaite de la matière originale jusqu’à la structure des cellules et des fibres. Les minéraux de remplacement sont en général du quartz, de la calcédoine, de l’opale, de la calcite … Il est difficile d’estimer la durée de la pétrification. Certains bois peuvent être pétrifiés après quelques années, et d’autres sont vieux de 160 000 ans. On trouve des forêts pétrifiées partout dans le monde, chacune formée à des périodes géologique différentes.bois pétrifié2

 Le bois pétrifié est utilisé en joaillerie et pour la fabrication de petits objets décoratifs. Il est habituellement coupé et sculpté dans la forme voulue et ensuite poli, la beauté de la couleur naturelle du bois pétrifié suffit pour décorer.

decoration

Il était une fois … le tamarin.

tamarin  arbre

Le Tamarin  est un arbre massif à la croissance lente. Il était  déjà cultivé pour ses fruits en Inde au IV siècle avant J.C. Autant dire que l’histoire entre l’homme et cet arbre a débuté depuis longtemps. Le tamarin était également bien connu des grecs et des égyptiens. Les marchands arabes ont confondu sa pulpe noire et collante de ses fruits et ses pépins aux fruits de leurs palmiers. Ils ont donc combiné le nom donné à la datte de palmier, TAMR avec l’adjectif « Indien » HINDI se qui a donné TAMARHINDI. Les scientifiques ont alors donné le nom de tamarhidus à cet arbre. Il est aussi parfois vendu sous l’appellation de « madeira mahogani ».

fleur de tamarin

Bien qu’on le trouve d’une manière générale sous les tropiques,  le Tamarin provient vraisemblablement de l’Afrique tropicale, où il était vénéré comme un arbre sacré. Il fut ensuite introduit en Inde et il y est resté tellement longtemps qu’on l’a pris pour une espèce indigène.

fruits de tamarinLes fruits, en forme de saucisse , contiennent une pulpe acidulée qui  a été utilisée pendant des centaines d’années dans l’alimentation, tel que les currys et les boissons fermentées, elle fut aussi accommodée avec du riz, du poisson ou de la viande. Ses feuilles étaient mangées crues ou cuites, et rentraient également dans la composition de soupes . Adopté lors de la colonisation, la pulpe du fruit rentre  dans la composition du shutney et de sauces telles que les fameuses Worcestershire et la sauce barbecue.

Il était une fois le Suar….

Cet arbre provient d’Amérique centrale, plus précisément du Yucatan, où il était appellé saman par les espagnols. Il a progressivement été introduit dans tous les pays tropicaux et subs-tropicaux.

fleur de pithecellobium saman

On le trouve également dans des climats équatoriaux, preuve de son extrême adaptabilité.  Il est vrai qu’il s’acclimate à tous les types de sol et que sa principale contrainte est l’espace dont il a besoin pour développer sa canopée. Le Suar fait partie de la famille des leguminosae. Mais son nom scientifique est pithecellobium.

raintreeIl est aussi appelé arbre à pluie, parce que l’herbe est toujours plus verte sous un arbre à pluie qu’autour. Les feuilles sont sensibles à la lumière et se replient la nuit ou par temps nuageux, la pluie passe donc facilement à travers la canopée jusqu’au sol, puis lorsque le soleil réapparaît, les feuilles se déplient et maintiennent donc l’humidité au pied de l’arbre. Ce nom vient aussi du fait que ses pétioles excrètent une sève sucrée qui tombe de l’arbre comme de la pluie.

monkeypod treeIl a longtemps été utilisé comme fourrage pour le bétail mais, également comme  ombrage. Grâce à sa large canopée, le bétail pouvait trouver fraicheur en dessous. On retrouve cet arbre  dans les plantations de café, thé, cacao, patchouli, vanille … aussi pour l’ombre qu’il procure.

racine de monkeypodMais la proximité de cet arbre a aussi des inconvénients car ces racines sortent du sol lorsqu’il arrive à maturité  dévoilant un réseau aussi large que sa canopée. Ces racines courant sur le sol deviennent vite une nuisance près des habitations ou des infrastructures.

 

monkeypod mobilier

Il était une fois le bambou

foret bambouLe mot bambou vient du malais « mambu » qui veut dire « bois indispensable ». Le bambou fait partie de la famille des bambusoïdés (inclus dans les graminées) qui compte plus d’un millier d’espèces.

 

fossile bambou

Les bambous ont prospéré sous nos climats il y a quelques millions d’années. Les fossiles retrouvés dans des roches du tertiaire lors d’exploitation minière le prouvent, mais ces plantes  ont disparu durant la période de glaciation survenue au début du quaternaire dans la région de l’actuelle Europe.

C’est Alexandre le grand dans une lettre à Aristote qui mentionne le bambou pour la première fois en Europe lors de ses explorations du delta de l’indus pour y étudier la faune et la flore.

Puis, il y est fait référence en 52 après JC, quand le bambou fut utilisé pour le transport de contrebande. Sur la route de la soie, entre la Chine et l’Europe, des moines transportèrent clandestinement des larves de vers à soie dans le creux des cannes de bambous. La culture du ver à soie se propagea alors en Europe. Le bambou, si vénéré en Chine, contribua donc à la perte du monopole chinois de fabrication de la soie.  Depuis des millénaires, le bambou fait partie de la vie quotidienne des chinois.tablettes en bambou On le retrouve dans l’écriture chinoise, d’ailleurs de nombreux dictons populaires y font référence. Les premiers écrits chinois ont été consignés sur des tablettes de bambous reliées entre elles.

 

 

pousses de bambou

Le bambou est aussi présent dans l’alimentation et la pharmacopée.

 

 

echafaudage en bambouOn l’utilisait également dans la construction d’échafaudages réputés résister aux tempêtes et vents violents. Ces échafaudages sont si renommés qu’ils sont encore largement utilisés aujourd’hui.

 

boite en bambou

Le bambou a aussi toujours été utilisé comme matériau de fabrication d’objets utilitaires ou décoratifs.

 

  Au XVIIème siècle des négociants travaillant pour la Compagnie des Indes Hollandaises, notamment Rumphius et Van Reede pour les plus connus,  vont répertorier les espèces de bambous d’Indonésie dans des ouvrages scientifiques. Et Linneaus introduira dans le vocabulaire taxonomique le terme bambou et le classera dans la famille des graminées.

Cependant, il n’existait toujours pas de pousses de bambou en Europe, et ceci pour plusieurs raisons. La fructification des bambous est rare, et sa faculté germinative est précaire. En plus, les transports maritimes étaient longs, ce qui ne laissait aucune chance aux bambous d’arriver à destination dans de bonnes conditions. Il fallut attendre les bateaux à vapeur au XIX siècle pour pouvoir importer des plants de bambous en Europe. Dès que les méthodes de culture furent au point, les plantations ont été possibles. Les bambous ont alors enchanté nos jardins et de fameuses bambouseraies font entendre le bruissement de leur feuilles au gré des vents.

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Il était une fois le rotin

Le mot rotin provient du malais « rotan » qui signifie palmier grimpant.Les populations villageoises  des jungles de Bornéo, Sumatra et Sulawesi s’en servaient pour fabriquer des paniers, ou l’utilisaient comme matériel d’attache dans les habitations. C’était également une ressource luxueuse utilisée pour fabriquer des cadeaux aux puissants. De l’Indonésie, il a atteint les rivages chinois et japonais où il est devenu très populaire.

plant de rotin

Il y a 5000 ans, les égyptiens connaissaient déjà cette liane. Ils fabriquaient du mobilier et des paniers, mais aussi des embarcations et des chars avec. rotinLa canne de rotin nous est parvenue en Europe vers 1600 grâce aux échanges commerciaux avec la compagnie des Indes qui l’importait des colonies hollandaises et anglaises de l’Asie du sud est. En France, le rotin connut un succès dès le début du XVII siècle, mais la rupture des relations commerciales avec l’Angleterre et la Hollande suite au conflit entre Louis XIV et la maison d’Orange eut pour conséquence d’arrêter les importations avec ces pays. A la mort du roi, les importations reprirent et les ateliers français firent preuve d’innovation dans la création de mobilier à base de canne de rotin. Sa résistance et sa flexibilité permettent des formes fluides et des motifs complexes. Au XIX siècle, le mobilier en rotin devient stylisé comme le mobilier en bois (style Louis Philippe, Napoléon III…) La demande européenne sans cesse croissante encouragea la culture du rotin dans les villages des îles indonésiennes. Le commerce du rotin connu alors son apogée. 1kg de rotin équivalait 1kg de riz. Mais le ramassage intensif et le déboisement ont fini par détruire les forêts d’Indonésie, et menacer certaines espèces.

Dans les années 90, le gouvernement indonésien décida de cesser les exportations de rotin brut, et de réglementer son exploitation. Depuis, les exportations sont contingentées pour préserver cette ressource essentielle à l’économie locale et protéger la forêt tropicale.

feuilles de rotin

Il était une fois le teck…

Un peu d’étymologie pour se cultiver, le mot teck vient du portugais Teca, qui est un dérivé du mot Tekton qui signifie charpentier.

tectona grandisLe teck provient du Tectona grandis qui est un arbre des forêts tropicales d’Asie, et plus précisément de l’Inde et des forêts du sud-est asiatique. Il y pousse spontanément grâce à l’alternance de saison sèche et humide. Le teck a, en effet, besoin  d’une température élevée, d’une forte pluviosité et d’un sol profond et riche pour grandir correctement. Il présente une excellente qualité d’imperméabilité grâce à l’oléorésine qu’il contient et cette caractéristique en fait le bois favori pour le pont des navires et les structures extérieures. Le teck est aussi très apprécié en ébénisterie, et cela depuis le VII siècle.

Pour savoir pourquoi on retrouve ce bois exotique dans nos contrées depuis le VII siècle, il faut se plonger dans l’histoire du développement économique de la région méditerranéenne. A cette époque, les rivages du sud et de l’est de la Méditerranée sont pauvres en bois du fait de conditions climatiques peu favorables. Or la population de cette région se développe et les forêts existantes sont exploitées sans ménagement depuis l’Antiquité.

Trois éléments conjoncturels vont faire évoluer les besoins du bassin méditerranéen en bois de manière exponentielle.essor monde musulman VII siecle

D’abord, l’essor du monde musulman va provoquer un accroissement de la demande en bois d’une manière générale pour construire des villes, des lieux de culte, des zones d’irrigation équipées de machines hydrauliques, des mines et surtout de nouvelles flottes navales. Puis, les nouvelles techniques de fabrication navale et les nouvelles industries exigent davantage de ressources en bois qu’auparavant. Et finalement, si la domination musulmane va s’étendre à des pays plus riches en ressources forestières, elle va également perdre des secteurs clés qui permettaient le ravitaillement en bois. Le commerce du bois va donc prendre des proportions importantes. Lorsque les ressources terrestres en bois commencent à manquer aux abords des villes, le ravitaillement se fait sur des distances plus longues et par bateau.  Tout sera mis en œuvre jusqu’au VIII siècle pour approvisionner les grands chantiers maritimes de Syrie et d’Egypte et pour construire suffisamment de navires de guerre destinés à lutter contre les flottes byzantines. C’est à ce moment-là que les chantiers navals d’Egypte font appel au commerce de l’océan indien pour se fournir en bois, et que le teck du Konkan et du Malabar sont acheminés pour être utilisés comme bois de construction pour la marine, mais aussi pour les villes. Le teck sera également utilisé comme bois d’œuvre pour les ateliers des artisans ciseleurs, sculpteurs, marqueteurs…

Face à cette forte demande, le teck sera largement exploité en Asie et en Indonésie. Dès le XVI siècle, l’Indonésie plante de nouveaux plants de teck sur des hectares, la Thaïlande et l’Inde feront de même les siècles suivants. Au XIX siècle ce bois est même introduit en Afrique et Amérique tropicale. Les plus grandes forêts de teck se trouvent encore aujourd’hui en Asie, et elles sont presque toutes issues de plantations artificielles.plantations de tectona

 

Il était une fois… le palissandre

Il était une fois…… Nils Dalberg, physicien et botaniste suédois, et son frère. Ils visitèrent des régions tropicales, notamment en Asie et découvrirent des espèces de plantes non répertoriées jusque-là (dans les années 1700). Nils envoya des spécimens à un célèbre botaniste Linneaus, qui s’était lancé dans le projet ambitieux de créer une classification des espèces. Linneaus est d’ailleurs devenu, par le fait, le père de la taxinomie. Lorsqu’il reçut les spécimens, Linneaus les baptisa Dalbergia, en hommage à Nils Dalberg. Le genre Ddalbergia-nigra-palissandre-de-rioalbergia comprend maintenant de nombreuses espèces (plusieurs centaines), on en découvrait encore en 2005 à Madagascar.

Avant la découverte de Dalberg, dans les colonies hollandaises, les colons hollandais exploitaient des bois exotiques pour la fabrication de meubles destinés au vieux continent. Le palissandre vient du mot hollandais palissander, qui viendrait lui-même du parler indigène de la Guyanne hollandaise. On retrouve des traces de ce bois utilisé en mobilier en 1681, dans l’inventaire général du mobilier de la couronne de Louis XIV, qui signale une petite table en palisante.

palissandre de rioLe palissandre de Rio a été la première espèce de palissandre exploitée. Ce bois a des qualités esthétiques exceptionnelles. De plus, sa fragrance florale rappelle l’odeur des roses, d’où son autre appellation : bois de rose. Mais le succès du palissandre de Rio l’a aussi mené au bord de l’extinction. Ce bois est maintenant protégé par la Convention de Washington qui réglemente le commerce international des espèces menacées d’extinction. Il n’est donc plus commercialisé.

D’autres espèces de Dalbergia, alias palissandre, sont encore exploitées et leurs qualités se rapprochent de celles du palissandre de Rio.

 

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